Internet-mania

Après une période relativement rapide de mise en place, l'Internet a quelque peu bouleversé le marché de la collection. L'ère du " tout, tout de suite " s'est installée sans crier gare.

Il est vrai :

qu'il a permis, en partie, l'accès à des bibliothèques d'images et de textes jusqu'alors confinés dans de sombres couloirs,

qu'il a ouvert la possibilité de recherches multiples jusqu'alors impossibles pour des gens isolés,

qu'il rend des visioconférences possibles où un marchand peut montrer un objet à un client vivant à l‘autre bout de la planète ...

Pourtant, il eut été sans doute pertinent de se demander comment un système créé à l'origine par des militaires américains puisse tomber " gratuitement " dans les mains d'un " public civil ". Les moteurs de recherche nous en donnent souvent en partie l'explication, par le renvoi quasi-automatique de nos recherches sur des sites anglo-saxons pour ne pas dire américains.

Mais revenons à nos collections et collectionneurs ...

Persuadés grâce aux " je sais tout en une minute " ou " ici c'est moins cher point com ", que le savoir était au bout du " clic ", beaucoup de gens se sont laissés emporter par les sirènes du virtuel. Le critère numéro un de la décision d'achat est devenu le prix. Le prix, et surtout le prix le moins cher ... L'authenticité, l'intégrité (du vendeur et de l'objet) ont été mises de côté. N'ayant plus d'interlocuteur vivant à questionner (ou si peu à travers des courriels laconiques), l'acheteur s'est transformé en " chasseur de prix ". Le temps du " Far West Internet " venait de commencer. Des gangs de professionnels de l'arnaque se sont engouffrés dans ce marché sans foi ni loi. Attirés par l'appât du gain, particuliers crédules et professionnels avides, armés de leurs cartes de crédit, ont cliqué à tout va, persuadés de " faire des affaires " ... La réalité fut plus sombre. Combien de photos ont été envoyées en lieu et place des objets ? Combien de clients pleurent encore leur bel argent perdu devant des plateformes de vente qui se défaussent de toute responsabilité face à des professionnels de l'embrouille ?

Alors Internet paradis ou enfer ?

Ni l'un ni l'autre : c'est un média comme un autre. Le savoir récupéré en " surfant " n'est valide que s'il est vérifié au travers de sources fiables et tangibles. Or, devenus paresseux face à cet apparent " savoir global " facile d'accès, il est rare que nos contemporains (et je m'y englobe) fassent l'effort d'une recherche de vérité qui ne soit pas que virtuelle ...

A suivre