Qui pleurera pour les antiquaires ?

Qu’ils soient vendeurs ou acheteurs les particuliers semblent (en apparence) avoir déserté les boutiques. Combien d’antiquaires se plaignent (ils le faisaient déjà auparavant) du manque de passage dans leurs galeries.

Certains y voient la concurrence d’un internet agressif, d’autres l’effondrement du Marché lié à la paupérisation de la classe moyenne et du départ à l’étranger des plus aisés.

Le « casse toi sale riche ! » d’un journal français est venu exprimer la haine démagogique d’idéologues, d’un autre âge, pour qui il faut « couper toutes les têtes qui dépassent ».

La confusion de certains fonctionnaires zélés qui assimilent « riche et fraudeur » est du plus mauvais effet pour le commerce du luxe. Mais qui pleurera sur le sort d’un antiquaire ?

Si les causes de défection citées plus haut ne peuvent être négligées, il faut aussi prendre en compte des changements actuels de consommation, et réaliser que nous vivons aujourd’hui des temps incertains qui trouvent leur origine dans une société qui a « un peu perdu la boussole ».

Comment veut-on intéresser des « jeunes » à des « vieilleries » s’ils n’ont reçu aucune notion du beau ? Comment peut-on s’émerveiller devant une monnaie antique, gauloise, médiévale ou autre si l’on n’a reçu que des notions d’histoire confuses ? Comment comprendre la notion de France ou d’autre pays européen si l’on nie son héritage chrétien, et si l’on enseigne l’Islam comme s’il avait été religion d’Etat partout et depuis toujours ? On peut souhaiter une société laïque sans pour autant vouloir réduire à rien les religions. A trop vouloir éliminer les différences on en arrive à créer une proposition de société insipide favorisant les communautarismes ignares mais légitimisés. Le succès du livre d’Éric Zemmour témoigne du malaise qui mine notre société mais il laisse le lecteur sur sa faim car il ne fait pas de propositions pour sortir de cette situation.

L’illustration du manque de culture générale trouve son illustration jusque chez ceux qui devraient pourtant être des modèles. Nous discutions dernièrement avec une consœur de l’appellation erronée sur catalogue d’un objet en argent. Celui-ci était désigné, par un commissaire-priseur, comme « sucrier en forme de melon » alors qu’il s‘agissait d’un « cedra », objet de rituel israélite. Je ne parle pas des calices devenus « coupe à boire » ou des burettes d’église transformées en « petites aiguières de table ». Ces termes sont certes « plus vendeurs » mais parfaitement faux !!!

Que faire ? Sommes-nous donc condamnés à retomber lentement mais sûrement dans de nouveaux âges d’obscurantisme ?? Notre prochain éditorial tentera de donner des pistes pour l’éviter …

A suivre